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Le Phare d’Alexandrie

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Le phare d’Alexandrie fut considéré comme la dernière des sept merveilles du monde antique et a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (du IIIe siècle av. J.-C. au XIVe siècle). La construction du phare aurait débuté vers -297 (la date exacte est inconnue) et duré une quinzaine d’années. Les travaux sont initiés par Ptolémée Ier mais celui-ci meurt avant la fin du chantier qui est achevé sous le règne de son fils Ptolémée II.

L’emplacement du phare d’Alexandrie

Le site choisi pour la construction du phare est la pointe de l’île de Pharos à l’emplacement de l’actuel Fort Qaitbay qui date de la fin du XVe siècle et qui est d’ailleurs construit en partie avec des blocs antiques qui appartenaient, entre autres, au phare. Les nombreux tremblements de terre qui ont eu lieu dans la région entre le IVe siècle et le XIVe siècle ont peu à peu endommagé le phare qui a été presque entièrement détruit en 1303. En 1349, Ibn Battûta, le célèbre voyageur musulman, raconte :

« Etant allé au Phare […] je constatai que son état de délabrement était tel qu’il n’était plus possible d’y entrer ni d’arriver à la porte y donnant accès »

Le phare a dû rester dans cet état jusqu’à la fin du XVe siècle quand le sultan Al-Achrâf Sayf ad-Dîn Qait Bay, un des derniers souverains mamelouks Burjites de l’Égypte, y ordonna la construction d’une citadelle dans le but de protéger la ville contre la menace de l’Empire ottoman.

On a longtemps pensé que la construction avait été dirigée par l’architecte Sôstratos de Cnide dont le nom est donné par le géographe grec Strabon. Il cite une inscription en plomb insérée dans un mur du phare ainsi libellée :

 «  ΣΟΣΤΡΑΤΟΣ ΔΕΞΙΦΑΝΟΥ ΚΝΙΔΙΟΣ ΘΕΟΙΣ ΣΩΤΕΡΣΙΝ ΥΠΕΡ ΤΩΝ ΠΛΩΙΖΟΜΕΝΩΝ
(Sôstratos fils de Dexiphanès de Cnide a dédié ce monument aux dieux sauveurs pour le salut des navigateurs  »

Traduction littérale: Sôstratos de Dexiphanès Cnidien aux dieux sauveurs pour les navigateurs

On a polémiqué sur l’identité des dédicataires de l’épigramme de Sôstratos. On pensait au départ que les dieux sauveurs étaient en fait les Dioscures, Castor et Pollux, protecteurs des marins. Finalement, il semblerait que la dédicace s’adresse à Ptolémée Ier qui était connu comme Ptolémée Sôter (ce qui signifie sauveur en grec). Jean-Yves Empereur, quant à lui, se base sur une épigramme du poète du IIIe siècle av. J.-C. Posidippos pour appuyer son hypothèse selon laquelle Sôstratos aurait en fait dédié la statue qui surmontait le phare et non le phare lui-même.

Rôle du phare

Le phare a été construit pour protéger les marins de la côte d’Alexandrie bien sûr, mais également, selon Jean-Yves Empereur, en tant qu’œuvre de propagande. La ville tout entière a été construite de façon démesurée et le phare devait en être le symbole. Le résultat fut tel que, depuis, le mot phare (de l’île de Pharos, du latin pharus) est utilisé pour désigner communément ce type d’édifice. D’ailleurs, bien qu’il existait à Alexandrie d’autres bâtiments tout aussi célèbres que le phare (la grande bibliothèque, le tombeau d’Alexandre), il deviendra emblématique de la ville et l’est encore aujourd’hui. Le phare dominait la côte et permettait aux marins d’avoir un point de repère, la côte étant relativement plate.

On peut lire chez Strabon que le phare était construit en pierre blanche qui serait en fait un calcaire local (pierre blanche du Mex) qui a la particularité de durcir au contact de l’eau. On pense aussi que les parties les plus critiques du phare ont été réalisées en granit d’Assouan. D’ailleurs le fort Qaitbay, édifié sur le site du phare, a été construit selon le même procédé.

Aspects et dimensions 

Le phare d'après deux monnaies émises à Alexandrie sous Antonin le Pieux et Commode.

Le phare d’après deux monnaies émises à Alexandrie sous Antonin le Pieux et Commode.

Jean-Yves Empereur a étudié des représentations du phare plus ou moins fidèles (documents figurés, mosaïques,…) mais aussi des sources écrites (Strabon, Plutarque, Abu Hamid Al-Andalusi, Ibn Battûta, etc.) et a réussi à en tirer un plan assez précis. Il a notamment étudié des pièces de monnaie frappées à Alexandrie entre le Ier siècle av. J.-C. et le IIe siècle. Il s’est aussi appuyé sur une sépulture antique du IIe siècle av. J.-C. à Taposiris Magna (à environ 40 km d’Alexandrie), au-dessus de laquelle le propriétaire avait fait réaliser une copie réduite du phare.

Il a déduit de ses travaux que le phare devait être un bâtiment à trois étages :

  • une base carrée légèrement pyramidale,
  • une colonne octogonale,
  • une petite tour ronde distale surmontée d’une statue,

le tout pour une hauteur d’environ 135 mètres.

On pense que son rayon de visibilité s’étendait sur environ cinquante kilomètres.

La base devait mesurer environ soixante-dix mètres de hauteur sur trente mètres de côté et on y accédait par une rampe à arcades. Une cinquantaine de pièces servant d’habitation au personnel chargé de l’entretien du phare ou à entreposer le combustible étaient aménagées tout autour d’une rampe intérieure, ce qui explique les fenêtres asymétriques qui suivaient en fait l’axe de la rampe intérieure. Cette rampe était assez large pour permettre le passage du bétail chargé d’acheminer le combustible. Elle donnait accès à une sorte de terrasse avec une rambarde de 2,30 mètres de haut entourée de quatre tritons soufflant dans des cornes, un à chaque coin de la terrasse.

Le deuxième étage était, comme nous l’avons vu, de forme octogonale et mesurait trente-quatre mètres de hauteur et 18,30 mètres de largeur. Il comportait un escalier intérieur qui menait au troisième étage. Celui-ci était rond et ne mesurait que neuf mètres de hauteur. Il contenait lui aussi un escalier de dix-huit marches.

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Statue(s) du phare

Au sommet du phare se trouvait une statue qui n’a pas encore pu être formellement identifiée ; en effet, il pourrait s’agir de Zeus, de Poséidon ou d’Hélios :

  1. Dans son poème, Posidippos nous dit qu’il s’agit de la statue de Zeus et ce fut probablement le cas pendant la première moitié du IIIe siècle av. J.-C.. Une autre source semble aller dans le même sens : c’est une intaille en verre du Ier siècle qui montre le phare surmonté de Zeus qui tient dans la main gauche une lance et dans la main droite une sorte de coupelle. Sur cette représentation, le phare est entouré d’Isis Pharia et de Poséidon, divinités qui avaient chacune un temple sur l’île de Pharos. La statue de Zeus serait donc restée en place jusqu’à l’arrivée des Romains.

  2. Il existe un gobelet en verre datant du IIe siècle av. J.-C. et retrouvé à Bagram en Afghanistan qui, en revanche, montre l’image d’un dieu tenant une rame dans la main gauche ce qui ferait de lui Poséidon. Ce même dieu est cité dans un texte du Ve siècle av. J.-C. parlant d’une réparation du phare.

  3. Finalement, une mosaïque datant de 539 montre le phare surmonté d’Hélios.

On pourrait penser que les trois statues se seraient succédé. On aurait eu tout d’abord la statue de Zeus, qui était vénéré sous la forme d’Ammon-Zeus et comme étant donc l’ancêtre des Ptolémées. Il serait donc logique qu’à leur arrivée, les Romains aient supprimé cette statue qui rappelait trop les Lagides. Ils l’auraient donc remplacé par une statue de Poséidon, dont la fonction collerait parfaitement avec le rôle du phare, c’est-à-dire celui de protéger les navigateurs. Il aurait pu être ensuite remplacé par Hélios, qui à la fin de l’Antiquité était une divinité courante. Malheureusement, il existe un édit promulgué en 391 par Théodose Ier, empereur romain qui a fait du christianisme la religion d’État, qui va à l’encontre de ces hypothèses. En effet, cet édit visait à abolir les cultes païens sur le territoire romain dont faisait partie l’Égypte. On sait qu’il a été suivi à Alexandrie de manière assez consciencieuse, dans la mesure où c’est suite à cet édit qu’a été détruit le temple de Sarapis par exemple. De plus, il semblerait plus logique qu’après la christianisation de Rome, ce soit une statue de saint Marc, patron de la ville ou plus simplement du Christ qui ait couronné le phare. Par contre, ce dont on est sûr, c’est qu’au IXe siècle, une mosquée a été installée au sommet de la tour par Ahmad Ibn Touloun.

On a retrouvé immergées au pied du fort Qaitbay deux statues colossales : la première est celle d’un Ptolémée en pharaon et la deuxième, une statue d’Isis. Ces statues devaient être posées devant le phare pour être vues des navigateurs entrant dans le port. On ne sait pas avec certitude quel Ptolémée est représenté mais on suppose qu’il s’agit de Ptolémée II et que la statue d’Isis est en fait son épouse Arsinoé II que le pharaon avait divinisée après sa mort.

Explorations sous-marines

Gravure de Martin Heemskerck représentant le phare d'Alexandrie.

Gravure de Martin Heemskerck représentant le phare d’Alexandrie

Les fouilles archéologiques sur le site du fort Qaitbay ne sont devenues systématiques que depuis la seconde moitié du XXe siècle. En effet, si la présence de blocs sous-marins était connue depuis le XVIIIe siècle, ces blocs n’ont pas été étudiés avant les années 1960 et l’image plus ou moins réaliste que l’on avait du phare avant cette date était le plus souvent basée sur les textes antiques tout autant que sur des légendes.

La première étude vraiment sérieuse du phare (et non du site) est celle réalisée par Hermann Thiersch au début du XXe siècle et qui a été soutenue par le musée gréco-romain. Il recensa toutes les sources existant jusqu’alors pour arriver à une description assez fidèle du phare à différentes époques. Pour Thiersch, les assises du phare se trouvaient encore dans le donjon du fort Qaitbay. Vers 1916, un ingénieur français du nom de Jondet réalisa des sondages et confirma cette hypothèse. Mais le fort, qui était une construction militaire, était interdit d’accès et il a fallu attendre le début des explorations sous-marines pour pouvoir vraiment étudier les vestiges du phare.

Ces explorations ont commencé au début des années 1960 grâce à un plongeur et archéologue amateur alexandrin, Kamel Abul Saadat, qui a été le premier à explorer l’entrée du port et à attirer l’attention sur les blocs qui s’y trouvaient. En 1962, il convainc la marine égyptienne de renflouer une statue colossale d’Isis et en 1968, lUnesco envoie sur place l’archéologue écossaise Honor Frost avec qui Kamel Abul Saadat établit le plan des fonds sous-marins. En 1975, elle publiera le premier article scientifique sur le site antique dans l’International Journal of Nautical Archeology.

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Fort Qaitbay

Suite à l’immersion malencontreuse de gros blocs de béton au pied du phare, le service des antiquités a sollicité le Centre d’études Alexandrines (CEAlex), créé par Jean-Yves Empereur, et son équipe de plongeurs pour étudier les fonds entourant le fort Qaitbay. Depuis 1994, plus de 3000 blocs, dont plus des 2/3 sont des blocs architecturaux, ont été recensés. Pour cela, des dizaines de blocs ont été remontés à la surface grâce à des ballons mais c’est un travail difficile et cela explique la lenteur des travaux dans la zone. Le CEAlex a tout de même réussi à cartographier complètement le site, et il ne reste plus aujourd’hui qu’à étudier les blocs.

Beaucoup de fragments de colonnes ont été retrouvés mais leurs bases et les chapiteaux sont en revanche plus rares. En effet, ils ont souvent été réutilisés dans des constructions plus tardives (mosquées, citernes). On a retrouvé aussi une demi douzaine de colonnes importées à Alexandrie et portant le cartouche de Ramsès II, vingt-huit sphinx datés de différents règnes (Sésostris II, Psammétique II) et des obélisques signés Séthi Ier.

Mais il s’agissait évidemment de prouver que ces blocs provenaient effectivement du phare. On a retrouvé des encadrements de porte, par exemple en granit d’Assouan, particulièrement massifs : 11,5 mètres de haut pour un poids de plus de soixante-dix tonnes. On imagine donc assez difficilement que ces blocs aient pu être déplacés. Et ils ont été trouvés au pied du fort Qaitbay. Quand on compare ces données avec les sources antiques qui indiquent que le phare se trouvait sur le site du fort et qu’il a été détruit par les tremblements de terre, on peut supposer que ces encadrements de porte proviennent du phare. De plus, une source du XIIe siècle nous révèle que les pièces du phare étaient scellées les unes aux autres par du plomb fondu et lors des fouilles on a retrouvé des blocs où étaient fixées des broches de plomb, métal qui d’ailleurs se trouve en grande quantité dans la zone entourant le fort. Un chercheur du CEAlex, Mourad El Amoury, a mené des études sur les modes d’assemblage entre les cavités de scellement présentes sur les éléments architecturaux et les plombs de scellement retrouvés lors des fouilles, confirmant cette technique de scellement utilisée lors de la construction du phare.

L’emplacement du phare est toutefois mis en doute par Jean Yoyotte qui, dans les commentaires du Voyage en Égypte de Strabon, trouve cette théorie « discutable ». Il s’appuie pour cela sur les blocs de pierre retrouvés au pied du fort Qaitbay dont la disposition sur le site ne correspond pas, selon lui, à l’ordre qui aurait du être observé suite à un effondrement. Pour Yoyotte, il ne faudrait donc pas négliger l’hypothèse selon laquelle il pourrait s’agir en fait de récifs artificiels construits pour protéger la côte des bateaux ennemis.

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Statue de Ptolémée II érigée à l’origine à la porte du phare d’Alexandrie, récupérée des eaux et désormais devant la Bibliotheca Alexandrina.

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Jardin devant la Bibliotheca Alexandrina où devrait être érigée la porte du phare d’Alexandrie récupérée des eaux.

Le Colosse de Rhodes

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Le Colosse de Rhodes était une statue dHélios, en bronze, dont la hauteur dépassait les trente mètres, œuvre de Chares. Souvenir de la résistance victorieuse à Démétrios Ier Poliorcète (-305 à -304), érigée sur l’île de Rhodes vers -292, cette gigantesque effigie fut renversée en -226 par un tremblement de terre. Cassée aux niveau des genoux, elle s’effondra et tomba en morceaux. La statue brisée resta sur place jusqu’en 654. Il ne reste plus aujourd’hui la moindre trace du colosse. C’était la sixième des sept merveilles du monde antique.

La construction fut longue et laborieuse. Le colosse était intégralement constitué de bois et de bronze. Il fallut d’abord constituer une âme en bois. Une fois le « squelette » mis en place, la structure fut recouverte avec d’immenses plaques de bronze. La fonderie de l’île ne suffisant pas à assumer les besoins d’une telle entreprise, du bronze fut importé en grande quantité.

On place traditionnellement la statue du colosse sur le grand port de Rhodes, où elle aurait servi de « porte d’entrée » (comme le suggère la gravure ci-contre). Or, d’après les études statiques de spécialistes britanniques la statue ne pouvait se trouver sur le port dans la position qu’on lui attribue, en raison de l’écartement trop important que suggère une telle position. En effet, les piliers sur lesquels auraient reposé les pieds de la statue, auraient été séparés d’une quarantaine de mètres, d’après les observations des fonds marins dans la baie de Rhodes menées par ces chercheurs. L’écart ainsi constaté ne correspondrait donc pas à la hauteur de la statue, qui devait être légèrement plus petite que la statue de la liberté à New York. En pratique, il en aurait résulté une distorsion entre la charge et les points d’appui de la statue.

L’hypothèse apparue à la Renaissance d’une statue aux jambes écartées et permettant aux bateaux de passer sous elle est donc tombée en désuétude. Aujourd’hui d’autres pistes sont explorées :

  • L’une d’elle veut que la statue se trouvait sur les hauteurs de l’île (ou en contre-bas de l’acropole), surplombant ainsi tout l’archipel, donnant ainsi une majesté particulière à Hélios et conférant à la statue une dimension surhumaine.

  • Une autre théorie défendue entre autres par l’architecte et archéologue allemand Wolfram Hoepfner place le colosse de Rhodes à l’entrée de l’autre port de Rhodes : le port militaire. Selon Hoepfner le colosse de Rhodes figurait un « Hélios saluant » de la main droite.

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Le colosse fut mis à bas par un tremblement de terre autour de -225/-227. Techniquement, le tremblement de terre exerça une torsion sur les genoux de la statue. L’amoncellement de bois et de cuivre ainsi constitué, fut, dans un premier temps, laissé sur place, car l’oracle de Delphes aurait défendu aux habitants de redresser la statue. Vers 654, des armées Arabes, sous le commandement de Mohabiah, pillèrent Rhodes et emportèrent les déchets de bronze. Selon la légende 900 chameaux furent utilisés pour transporter près de 20 tonnes.

Le fait que la statue soit en bois et recouverte de bronze et, de ce fait, qu’elle surplombe l’entrée du port, divise certains historiens. En effet, il est difficile d’imaginer qu’une œuvre d’un tel poids repose uniquement sur un squelette en bois. Elle devait donc être en pierre, et construire une statue d’une pareille taille est quasiment impossible.

Le Mausolée d’Halicarnasse

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Le Mausolée d’Halicarnasse (en grec Μαυσωλεῖον / Mausôleĩon) est le tombeau du roi de Carie (Asie Mineure) Mausole (mort en 353 av. J.-C.). C’était la cinquième des sept merveilles du monde. Le monument était admiré dès l’Antiquité pour ses dimensions et sa décoration, si bien qu’on appelle « mausolée » tout tombeau de grande dimension, par exemple le mausolée de l’empereur Hadrien, actuel château Saint-Ange. Le mausolée était situé dans la ville de Bodrum (sud-ouest de la Turquie).

La Carie était une province dépendant de l’Empire perse, mais qui était devenue presque autonome. C’est le roi Mausole qui déplaça la capitale à Halicarnasse, après avoir pris le contrôle de la plus grande partie du sud-ouest de l’Anatolie. Bien qu’officiellement dépendant de l’empire perse, il était de culture grecque. Il entreprit des grands travaux pour embellir et fortifier sa capitale. Il fit notamment construire un théâtre et un temple à Arès, le dieu de la guerre.

Construction

Selon la tradition (Strabon, Pausanias), c’est sa sœur et veuve, Artémise II qui décida de construire un monument exceptionnel en son honneur. Néanmoins, comme elle ne régna que deux ans après lui, il est probable que le monument fut commencé du vivant même de Mausole. Il fut achevé en 350 av. J.-C., soit un an après la mort d’Artémise II. On ne sait pas par qui il fut achevé, peut-être par le frère de Mausole, peut-être par Alexandre le Grand, peut-être même ne fut-il jamais achevé.

Les plus grands artistes contemporains furent requis pour la construction du Mausolée : l’architecte Scopas, qui avait dirigé la reconstruction d’une autre des Sept Merveilles, l’Artémision d’Éphèse, et les sculpteurs Léocharès, Bryaxis et Timothée.

Le Mausolée reposait sur une substruction rectangulaire, entourée d’une enceinte sacrée (τέμενος / témenos) ouverte à l’est par un propylée. La substruction était surmontée de 36 colonnes, supportant une pyramide de 24 degrés, au sommet de laquelle se trouvait un quadrige en marbre.

Il resta en bon état jusqu’au XIIe siècle puis, faute d’entretien, il tomba en ruine. Au XVe siècle, les Hospitaliers s’en servirent comme carrière pour bâtir le château Saint-Pierre sur l’ancienne acropole d’Halicarnasse, puis pour réparer les fortifications de la ville.

Découverte archéologique

En 1857, Charles Thomas Newton localisa d’abord le monument grâce à ses connaissances en littérature antique, surtout Vitruve et Pline l’Ancien, mais aussi grâce à une grande maîtrise de l’interprétation des fragments trouvés sur le sol, habitude acquise grâce à un long travail sur le terrain.
Il dut adapter sa technique de fouilles aux conditions locales. En effet, il n’avait pas les moyens d’acheter l’ensemble des terrains supposés renfermer le Mausolée. Il eut donc recours à des tunnels, et non à des tranchées pour localiser les limites extérieures du bâtiment. Il put ainsi après avoir découvert les quatre coins n’acheter que les champs qu’il désirait explorer plus à fond.
Il retira du sol de très nombreux fragments d’architecture et de sculpture dont quatre dalles de la frise Est, œuvre de Scopas représentant un combat entre Grecs et Amazones. Tous ces fragments, ainsi qu’une des roues monumentales du quadrige sur lequel se trouvaient les statues colossales de Mausole et d’Artémise sont au British Museum. Il put aussi rassembler dans ce musée les autres fragments identifiés du Mausolée dispersés à Genève, Constantinople ou Rhodes. Là, son travail de conservateur rejoignait celui d’archéologue.

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Le Temple d’Artemis à Ephèse

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 Le temple d’Artémis à Éphèse (en grec Ἀρτεμίσιον, Artemísion, en latin Artemisium) est dans l’Antiquité l’un des plus importants sanctuaires dArtémis, déesse grecque de la chasse et de la nature sauvage.

Sur l’emplacement d’un sanctuaire plus ancien, un temple est bâti vers 560 av. J.-C. par Théodore de Samos, Ctésiphon et Metagenès et financé par le roi Crésus de Lydie. Il est incendié volontairement en 356 av. J.-C. par Érostrate, qui veut se rendre célèbre en détruisant le temple. Le second temple, bâti au milieu du IVe siècle av. J.-C., figure sur 16 des 24 listes des Sept merveilles du monde qui nous sont parvenues[1]. Il est pillé par les Ostrogoths en 263 puis brûlé par les chrétiens en 401. Justinien achève de le démanteler en prélevant une partie de ses colonnes pour le palais impérial de Constantinople.

Les ruines d’Éphèse se trouvent aujourd’hui près de la ville turque de Selçuk, à cinquante kilomètres au sud d’Izmir.

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Ce temple est également considéré comme étant la première banque au monde car il était possible d’y déposer de l’argent et de le récupérer plus tard crédité d’un intérêt.

La Statue chryséléphant de Zeux Olympien

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La statue chryséléphantine de Zeus olympien est une œuvre du sculpteur athénien Phidias, réalisée vers 436 av. J.-C. à Olympie. Aujourd’hui disparue, elle était considérée sous l’Antiquité comme la troisième des sept merveilles du monde.

Description

Selon Pausanias, la statue montre Zeus assis sur son trône, représentation qui remonte à L’Iliade et qui se répand dans l’art grec à partir du VIe siècle av. J.-C. — il semble au reste que le sculpteur se soit volontairement inspiré d’Homère. Le dieu est couronné d’un rameau d’olivier. Dans la main droite, il tient une statuette de Niké, personnification de la victoire, elle-même représentée couronnée d’un bandeau et d’une guirlande. Nous ignorons ses proportions. De la main gauche, Zeus tient un sceptre richement décoré, sur lequel un aigle est perché. Le dieu est drapé dans un himation (manteau) brodé de figures animales et de fleurs, et porte des sandales. Son trône comporte une décoration à la fois sculptée, inscrustée (pierres précieuses, ébène) et peinte. Quatre petites Victoires dansant couronnent les pieds du trône, et deux autres Victoires figurent à sa base.

L’ensemble est réalisé selon la technique chryséléphantine : des plaques d’or (χρυσός / khrusós) et divoire (ελεφάντος / elephántos) recouvrent une âme de bois et figurent respectivement, d’une part les cheveux, la barbe, les sandales et la draperie, d’autre part les parties nues (notamment la peau). Elle mesure environ 12 mètres de haut, dont 1 mètre pour la base et 2 mètres pour le piédestal. Une inscription kalos sur l’un des doigts, « Pantarkès est beau », permet de dater approximativement la statue : le dénommé Pantarkès remporte en 436 av. J.-C. l’épreuve de lutte garçons aux jeux Olympiques.

La statue jouit d’une très grande célébrité à travers l’ensemble du monde grec. Elle est incluse dans la liste des sept merveilles du monde. Par vénération pour le sculpteur, l’atelier où il sculpte le colosse avec ses élèves est conservé jusqu’au Ve siècle ap. J.-C. ; il sera retrouvé et fouillé de 1954 à 1958[. À la même époque, la statue est enlevée du temple et va rejoindre, à Constantinople, la prodigieuse collection de Lausos, chambellan de Théodose II, qui comprend entres autres l’Aphrodite de Cnide. Elle disparaît dans un incendie en 461, en même temps que les autres statues. Malheureusement, aucune copie en marbre ou en bronze n’est parvenue jusqu’à nous. En revanche, l’œuvre de Phidias a été identifiée de manière plus ou moins sûre sur une série de monnaies romaines frappées de 98 à 198 ap. J.-C.L’abbé Barthélémy dans Voyage du jeune Anacharsis en Grèce, vers le milieu du quatrième siècle avant l’ère vulgaire (1843), écrit que « le Jupiter d’Olympie servira toujours de modèle aux artistes qui voudront représenter dignement l’Être suprême. »

Les Jardins Suspendus de Babylone

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Les jardins suspendus de Babylone (ou jardins suspendus de Sémiramis), dans l’Irak actuel, étaient la deuxième des sept merveilles du monde.

Ils sont célébrés par Diodore de Sicile, Flavius Josèphe et Strabon, qui s’inspirent tous de sources plus anciennes. Ainsi Flavius Josèphe s’inspire des textes d’un prêtre du dieu Mardouk, Bérose qui vivait à Babylone une trentaine d’années après la conquête de la ville par Alexandre le Grand (fin du IVe siècle av. J.-C.). C’est à ce prêtre que l’on doit la probable légende de la construction de ces jardins par Nabuchodonosor II afin de rappeler à son épouse Amytis de Mèdes les montagnes boisées de son pays natal.

Ce n’était pas réellement des jardiniers qui s’occupaient de l’entretien des jardins mais bien des esclaves qui entretenaient la végétation. Les jardins mesuraient 120 m². Sur la première terrasse de huit mètres, ils plantèrent des grands arbres, sur la deuxième de treize mètres, ils placèrent une quantité d’arbres fruitiers, sur les deux dernières terrasses poussaient des fleurs de toutes sortes.

Une légende ?

La réalité historique de ces jardins est de nos jours sérieusement remise en cause. Au XIXe siècle, l’archéologue H. Rassam situe les jardins au nord de la cité à proximité du palais extérieur. Lors des grandes fouilles allemandes, Robert Koldewey suggère qu’une construction voûtée du palais sud aurait pu supporter un toit en terrasse et ainsi correspondre à l’emplacement de ces fameux jardins. En fait, aucune localisation formelle n’a été trouvée. Ce qui ajoute au doute des archéologues et des historiens c’est qu’aucun des documents cunéiformes trouvés sur le site de Babylone ne fait allusion à ces jardins. Il est en effet curieux qu’un roi comme Nabuchodonosor II qui ne cesse de se féliciter de ses réalisations (murailles, portes, palais, etc.) reste muet sur ces hypothétiques jardins.

Illustration des jardins suspendus sur le Petit Larousse de 1912

Illustration des jardins suspendus sur le Petit Larousse de 1912

Au cours des années 1990, l’assyriologue anglaise Stéphanie Dalley a émis une hypothèse qui semble plus plausible, à savoir que les historiens de l’Antiquité aient confondu Ninive et Babylone. En effet, aucune source babylonienne ne mentionne les jardins, aucun auteur grec classique n’y fait allusion (Hérodote par exemple est totalement muet sur le sujet). Les seuls auteurs y faisant référence sont des historiens de l’époque hellénistique ou romaine dont il est fréquent qu’ils confondent les deux capitales des deux empires précédant l’empire perse. Enfin les souverains assyriens, en particulier au VIIe siècle av. J.-C., font construire dans Ninive des jardins. Un texte de Sennachérib évoque ainsi ceux qu’il a fait aménager et décrit les machines nécessaires pour l’irrigation. Un bas-relief du palais d’Assurbanipal montre une colline couverte de végétation et alimentée en eau par un aqueduc et un système de canaux. Par ailleurs, nous savons que, du fait de l’encaissement des cours d’eau, l’irrigation avait recours à un système de « vis sans fin » qui, en tournant, faisait remonter l’eau jusqu’au niveau des cultures. Les cultures ainsi irriguées, semblaient donc suspendues, ou, en tout cas, nettement au-dessus du niveau de l’eau. Stéphanie Dalley en conclut que les jardins suspendus étaient donc à Ninive et non à Babylone. Cette explication, quoique probable, reste cependant encore en débat.

Le Machu Piccu

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Le Machu Picchu (du quechua « vieille montagne », et surnommée parfois « la cité perdue des Incas ») est une ancienne cité inca, perchée sur les hauteurs de la cordillère des Andes. Aujourd’hui en ruine, elle se situe à une altitude de 2 340 mètres, dans la vallée de l’Urubamba, au Pérou. La ville sacrée Machu Picchu, oubliée pendant des siècles jusqu’en 1911, fut dévoilée au monde par l’archéologue américain Hiram Bingham de l’Université Yale, qui écrivit un best-seller à ce sujet. Ce site archéologique précolombien de 35 hectares, situé à 130 km au nord-ouest de Cuzco au Pérou, est considéré comme le site archéologique inca le plus important du Pérou. Le 7 juillet 2007, l’endroit a été désigné comme l’une des sept nouvelles merveilles du monde par un organisme non officiel et à caractère commercial (NewOpenWorld Foundation).


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Auteur: Krystal78

krystal78

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